Le Cameroun franchit une nouvelle étape vers la reconnaissance et l’encadrement des autres mesures de conservation efficaces par zone (AMCEZ). Réunis à Edéa du 29 septembre au 1er octobre 2026, des représentants d’administrations publiques, de la société civile et des experts ont consolidé un projet de décret destiné à organiser la reconnaissance, la gouvernance, la gestion et le suivi de ces espaces essentiels à la conservation de la biodiversité en dehors des aires protégées.
Au terme de trois jours d’examen, les participants sont parvenus à un consensus sur une version consolidée du texte, rapprochant ainsi le Cameroun d’un cadre réglementaire spécifique pour les AMCEZ.
Les travaux ont notamment permis de clarifier l’objet et le champ d’application du décret, de préciser les différentes catégories d’AMCEZ ainsi que les procédures de leur reconnaissance, et de mieux définir les responsabilités des administrations et des autres parties prenantes.
Le texte renforce également la prise en compte des droits et intérêts des communautés locales et des populations autochtones, tout en intégrant des approches transversales telles que « Une seule santé » (One Health), qui établit les liens entre santé humaine, animale et environnementale.
Ce processus trouve son origine dans une étude menée depuis 2023 par le Cameroon Wildlife Conservation Society (CWCS) en collaboration avec le réseau de Mangrove du Cameroun (RCM) et le financement de OCEANs5. Ce processus a été appuyé au niveau institutionnel par les Ministère des Forêts et de la Faune (MINFOF) et Ministère de l'Environnement, Protection de la Nature et Développement Durable (MINEPDED). L’étude avait identifié 46 sites potentiels le long de la zone marine et côtière camerounaise susceptibles d’être reconnus comme AMCEZ.
Mais leur reconnaissance avait également révélé plusieurs lacunes juridiques et institutionnelles, notamment concernant les procédures de désignation, la gouvernance, le suivi et l’évaluation de leur contribution à la conservation.
Pour y répondre, les experts et le Comité de pilotage ont recommandé en 2024 l’élaboration d’un cadre juridique spécifique. Un projet de décret a ensuite été transmis aux services du Premier Ministère. Une Task Force réunie du 4 au 6 août 2026 avait recommandé de poursuivre les consultations avec les administrations sectorielles afin d’en renforcer la cohérence.
La version issue de la rencontre d’Edéa constitue désormais une étape décisive vers la finalisation du dispositif réglementaire, qui pourrait permettre au Cameroun de mieux reconnaître et valoriser les territoires contribuant durablement à la conservation de la biodiversité au-delà des seules aires protégées.
































